Dans un monde idéal, on forcerait les programmeurs et les chargés de projets à faire un stage d’emballeur dans une épicerie.

Emballeur dans une épicerie?!!! Ne montez pas aux barricades trop vite et laissez-moi vous expliquer cette idée qui n’est pas si farfelue.

Hier, je faisais mon épicerie. Je rempli graduellement mon panier de plein de bonne chose pour mes poussins et mon conjoint. J’ai le coeur légé et je ne songe qu’à la petite soirée tranquille passée devant la fameuse télévision de mon précédent article. Et puis soudain, j’arrive à la caisse. Rien ne cloche et pourtant, dans quelques minutes, je serai fascinée par l’emballeur. Non pas qu’il soit beau bonhomme – rien à cirer puisque je suis déjà très bien avec mon crouton à moi – c’est sa dextérité qui m’intéresse.

Pendant que je décharge tranquillement mon panier sur le petit tapis roulant et que les « bip » du scanner s’enchainent, je regarde du coin de l’oeil ce jeune homme au bout du deuxième tapis roulant. En bonne consommatrice écolo, je lui tend mes sacs réutilisables. Il sourit et la caissière débite 5 cents par sac à ma facture. Puis, il ouvre le premier sac, jette un coup d’oeil expert à ma commande et saisie le premier item qui ira se loger dans mon sac. Et là, tout déboule! Il accélère le rythme, il lui suffit d’un regard à la volé pour identifier rapidement les bons articles, ceux qui vont se placer parfaitement dans l’espace restant dans le sac.

Un casse-tête mais dans le sens positif du terme. Un jeu d’habileté et de perception spatiale qui demande à celui qui joue d’être pratique et redoutable efficace. Un examen rapide de mes sacs ainsi rempli m’indique généralement si le jeune homme en question occupe le poste depuis une semaine ou moins.

Je paye en souriant (je souris toujours car, je suis béate devant le travail de mon ami l’emballeur) et je me tourne vers le jeune homme qui termine son office avec ma commande. Voilà, plus qu’un morceau à ce casse-tête et hop, il lève enfin les yeux et timidement, me souhaite une bonne journée.

Il mérite mieux que ça! Trop de programmeurs n’ont pas ce soucis d’organiser leur code pour que chaque morceau ait sa place. Trop de chargés de projets ne savent pas gérer leurs projets pour que les livrables soient intelligemment imbriqués.

Je suis persuadée qu’après une semaine comme emballeur dans une épicerie, ces gens qui gagnent 20 fois le salaire de mon timide commis en apprendrait beaucoup et pourrait même développer des réflexes qui leurs serviraient dans leur travail de tous les jours.

Dans le même ordre d’idée, tous les programmeurs et chargés de projet du monde devraient se taper une petite semaine ingrate à tester des applications. Je vous laisse imaginer pourquoi!:-)