Savoir contesterVous arrive-t-il souvent de ne pas être d'accord avec quelqu'un mais de ne rien dire ? Les raisons d'agir ainsi peuvent être stratégiques ou simplement dues à la paresse mais une chose est certaine, dès le moment où on agit contre son gré, la pression commence à monter dans la marmite.

 

Prenons le cas de l'employé qui n'arrive pas à refuser de faire du temps supplémentaire. Le patron ne veut pas toujours utiliser son ascendant pour forcer la main à ses employés. Il arrive qu'il tente seulement sa chance en appliquant la règle « qui ne demande rien, n'a rien ». Pourtant, la plupart des employés n'oseront pas affronter un supérieur même si la demande ne leur convient pas du tout. Ces gens préfèrent ne rien dire, faire le temps supplémentaire et ruminer leur frustration avec d'autres employés. Après un certain temps, cet employé changera simplement d'emploi pour évacuer son malaise et souvent, restera persuadé que son ex-employeur abusait de sa bonne volonté ou de son autorité.

Pour ma part, j'ai récemment contesté l'évaluation foncière de ma propriété que je trouvais totalement injustifiée. L'augmentation proposée par la Ville était de 20 % pour toutes les maisons de mon quartier. Évidemment, l'inspecteur de la Ville ne passe pas systématiquement chez tout le monde pour confirmer le diagnostic. Ainsi, j'ai complété le fameux formulaire, payé le 75 $ de frais et déposé le tout en main propre. Quelques semaines plus tard, la Ville révisait ses chiffres. Ma propriété a ainsi vu sa valeur « municipale » baisser d'un peu plus de 15 % ce qui aura éventuellement un impact sur mon compte de taxes.

Évidemment, ceux qui contestent passent souvent pour des chialeux et ce, même si on fait simplement remarquer une évidence à notre interlocuteur. Cette étiquette est désagréable et souvent injustifié (bien sûr, les vrais chialeux existent mais inutile de généraliser). En choisissant de remettre quelque chose en cause, on signifie à la personne en face de nous qu'elle a fait une erreur ou que nous ne sommes pas d'accord avec elle. Même en agissant de façon civilisée, on risque d'être mal reçu et même d'être contesté à notre tour. À cette étape, il vaut mieux éviter les erreurs suivantes :

  • Changer d'avis en cours de route pour acheter la paix : on règle temporairement le problème mais la frustration reste. De plus, on laisse l'impression que l'on est influençable.
  • Se fâcher : ça fait du bien mais dès que le ton monte, on sait qu'on a perdu. La dignité disparait avec la perte de sang froid et laisse une mauvaise impression durable.
  • Mentir : inventer des histoires ou des excuses pour justifier notre point de vue, c'est très risqué. À l'air du numérique, tout finit par se savoir.
  • Insister : vous avez perdu la première joute parce que votre interlocuteur vous a prouvé que vous étiez dans l'erreur. Faites-en votre deuil. S'acharner à tout prix pour sauver votre orgueil n'était pas le but premier de votre action. Évidemment, si vous avez encore le sentiment d'être lésé...
  • Calomnier : la discussion se passe mal et vous voulez vous venger ? Calomnier, c'est attaquer une personne avec des mensonges dans l'intention de salir sa réputation. Même si les autres vous écoutent avec envie, tout le monde retient vite qu'ils doivent se méfier de vous à l'avenir.

Mais avant toute chose, il faut choisir ses batailles, car on ne les gagne pas toutes. Si vous aviez à choisir, demandez-vous si celle que vous vous apprêter à mener en vaut réellement la peine.

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