Le quotidien

Encourageant, n’est-ce pas? Au quotidien cependant, ces chiffres nous paraissent extravagants à prime abord.

Allez savoir pourquoi, Carlos a mis des années avant d’accepter que je conduise au Mexique. Il disait tout le temps que c’était dangereux et qu’il fallait avoir l’habitude.

Cette année, pourtant, il a bien fallu qu’il me laisse aller un peu. Après tout, je suis une femme de caractère et je ne saurais être bridée indéfiniment.  Donc, avec les encouragements de sa mère, et sans aucune crainte, je dois bien le préciser, j’ai pris le volant… et je suis encore là pour raconter toutes ces anecdotes donc, j’en conclus que même si l’exercice semble parfois périlleux, il n’en est pas moins possible.

J’ai conduit de jour comme de nuit. Seule, avec les enfants et/ou avec Carlos et/ou sa mère. J’ai rencontré des tonnes de « speed bumps » et toute sorte d’hurluberlus.

J’ai plus ou moins compris les règles particulières aux ronds-points mais quand j’ai un doute, je m’en tiens à ce qui me semble le plus sécuritaire.  Carlos me trouve parfois un peu timorée mais je n’en ai cure. Avec le peu d’expérience que j’ai sur ce terrain, je m’en tiens tout de même à ça.

J’ai stationné dans des endroits qui paraissaient trop petits et ce, sans l’aide de Mme Toyota qui pourrait sans doute le faire du premier coup (notre Toyota Prius possède un système de stationnement automatique « mains-libres »).  J’ai rencontré des autobus gigantesques sur des routes qui ne faisaient qu’un véhicule de large… je les ai laissé passer évidemment.

J’ai vu des personnes de tous âges voyagés dans la boîte d’un pickup.  J’ai aussi vu deux chevaux, avec leur selle sur le dos, debout dans la boîte d’un minuscule pickup.  Sans oublier les chiens qui voyagent aussi bien dans la boîte d’un pickup que sur les genoux du chauffeur.

Mes yeux ont insisté lorsqu’ils ont vu un gamin au volant d’une voiture. Il était à peine assez grand pour voir devant. Il devait pousser les pédales du bout du pied.

J’ai vu des gens dépasser à des vitesses folles comme s’ils étaient sur des autoroutes allemandes.

J’ai vu une dame traverser l’autoroute en trottinant au risque de se faire écraser au passage. Jamais, elle n’a regardé autour avant de se lancer.

J’ai arrêté de respirer en voyant des imbéciles dépasser sur des routes de campagne sinueuses une file de 7 voitures.

J’en verrai d’autres… du moins, je l’espère! J