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Nous avons trois oiseaux. Des cockatiels.  Ils se prénomment : pichunette, oscar et zorro.

La seule demoiselle du lot, Pichunette, est aussi la plus rétive car, lorsqu’on l’a acheté, elle était dans une cage depuis plus d’un an. Même si elle avait été nourrie à la main, elle n’avait pas eu de contact suffisamment avec les humains pour qu’on puisse la prendre facilement.

Oscar, c’est le gros bébé de la gang. Gros mais en fait, plus petit que les deux autres. Dans la nature, il n’aurait pas survécu. Il ne tolère que moi mais il me vénère.  Il grince comme une poulie lorsque je lui gratte le cou.

Et, il y a Zorro.  C’est le meilleur ami de ma fille. On l’a acheté parce qu’Oscar refusait de s’attacher à qui que ce soit d’autre que moi. C’est donc le plus jeune… et le plus costaud. Il est rapidement devenu le mâle dominant de la basse-court et ce, malgré le fait qu’il soit le benjamin.   Il chante, il donne des bizous, il fait toute sorte de petits bruits amusants. C’est le plus mignon. Lui et ma fille sont inséparables. Vous avez deviné, il doit faire parti du voyage. À lui seul, il est un facteur de réussite important pour cette aventure.

Mais, des oiseaux, c’est pas tout à fait comme des chiens ou des chats.  D’abord, on peut pas leur donner des petites pilules pour calmer leur anxiété pendant le voyage. Ensuite, il ya une limite de deux animaux par cabine en avion or, ils sont trois. Et puis, quels papiers seront nécessaires pour franchir le fil d’arriver et revenir au Canada un an plus tard.

Allons y méthodiquement. D’abord la règle du deux animaux par cabine. Elle s’applique à un vol vous l’avez deviné donc si on y va en voiture, ça devrait pas être un problème.  Je vois déjà mes enfants assis sur le siège arrière devant leur petits écrans à cristaux liquides et les oiseaux en train de piailler pendant sept jours de route.  Sans oublier les narcos.

– Hola!

– Hola!

– Où allez-vous comme ça?

– Chez ma mère dans l’état de Guanajuato.

– En fait, votre voyage s’arrête ici.

(silence de mort et puis…) puitttt! (le narco lève un sourcil)

– C’est quoi ça?

– Ben, c’est nos oiseaux.

(le type se penche pour regarder par la fenêtre) tu-tiiiii.. tu-ti-tii-tiiiiii! (c’est Zorro!) Puiiiiiit! (Oscar est fâché)

– C’est vivant ça?

– Heuuu! Oui! (indécision et surprise de notre part)

– Sont mignons! Est-ce qu’ils parlent?

– Non,…. mais ils donnent des bizoux.

– Hannnn!  J’veux voir ça.

(ma fille envoit un bizou à Zorro et ce dernier lui répond) smack! smack!

– Waaaaa! Trop cool! Ok, donnez-moi les oiseaux et mettez-vous sur le bord du chemin pour qu’on vous fusille.

Bref!  Pas question d’y aller en voiture.

Donc, deux animaux par cabine.  Ça veut dire quoi au juste. C’est bon de se questionner parfois.  Tout est dans le mot cabine car, on y fait référence à l’endroit où se trouve les passagers. Ça veut dire avoir l’animal avec soi sous son siège par exemple. Ahhhhh!  Fallait le dire!  Ils peuvent aller dans la soute et là, pas de limite comme telle.

Ma fille me regarde avec un air sévère. « Mon oiseau ira pas avec les bagages! » Bonnnnnn! V’là autre chose!

Prochaine chronique : travailler à distance.