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le retour du balancierIl me semble bien l'avoir attendu impatiemment cette fin de "rush". Tout l'automne s'est déroulé sous les chapeaux de roue et maintenant que la folie s'estompe, je devrais me réjouir d'en avoir fini. Imaginez : avoir enfin du temps pour respirer, promener ses chiens, manger sans se presser, passer du temps avec ses enfants. Bref, recommencer à vivre.

 

Sans oublier qu'on va avoir le temps de faire tous ces petits trucs très bas dans l'échelle des priorités que l'on repoussait à plus tard faute de temps. En prime, on peut dire à tout le monde qui nous a mis en garde contre le surmenage que l'on prend enfin soin de soi.

C'est alors qu'on s'assoit sur le divan et qu'on respire profondément. Puis, on réalise que le bien-être qui devrait être lié à ce soulagement tarde à se manifester. Il faut dire que rouler à 200 Km/h pendant 3 mois et arrêter subitement n'est pas si évident. Cette soudaine tranquillité jumelée à la période des fêtes (surtout si on est seul) peut se transformer rapidement en ennui.

Quel paradoxe ! Dire que j'en rêvais quand j'avais encore la broue dans le toupet et que je me demandais si j'allais arriver à Noël en même temps que tout le monde.

Pour comprendre ce qui se passe, commençons par étudier le fonctionnement du stress. À la base de ce dernier se trouvent deux hormones : l'adrénaline et le cortisol. En gros, l'adrénaline fonctionne à court terme et procure une sensation de bien-être, tandis que le cortisol travaille à plus long terme et nous laisse plutôt des impressions négatives.

Le stress fonctionne en deux phases. Lors de la première, l'organisme libère l'adrénaline dans le sang afin de préparer le corps pour l'action. Tout de suite, on voit émerger un problème avec le stress de la vie moderne : la constance. Normalement, le stress devrait être passagé et retomber sitôt l'événement stressant terminé. Cependant, dans nos sociétés axées sur la performance, le stress ne retombe que rarement au point mort. Il demeure constant et ce, pendant de longues périodes. Malheureusement, l'évolution ne semble pas nous avoir prémunis contre ce problème.

Si les effets de l'adrénaline nous aident à mieux nous sentir sur le coup, il ne faut pas oublier le retour du balancier hormonal : le cortisol. Autant l'adrénaline nous a envahi rapidement pour "survivre" à notre stress, autant le cortisol est lent au démarrage mais plus long à disparaître. Plus on dépasse sa capacité à gérer le stress, plus il faut de temps à l'organisme de revenir à la normale. Si en plus, on ne se laisse pas le temps de revenir à la normale, le niveau de cortisol n'a jamais la chance de revenir à 0 et continue plutôt à augmenter.

De récentes études sur le sujet ont mis en cause la mort neuronale comme le fondement physique de la dépression. Par ailleurs, il semble que le processus inverse, appelé neurogenèse, soit crucial pour le rétablissement. Il se produirait naturellement chez les individus en bonne santé. En outre, le sommeil est fondamental pour que la neurogenèse ait lieu. Alors, offrez-vous une sieste !

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