1

Il vient un moment dans la vie où on commence à se questionner sur notre utilité dans notre équipe de travail. C’est un constat difficile car, il est intimement lié au rejet. Si on apporte plus à l’équipe, si notre enthousiasme traine de la patte, si le résultat n’est plus aussi important qu’avant, il est peut-être temps de partir. Lorsqu’en plus, notre patron ou notre client nous dit qu’il ne sait plus trop quoi faire de nous même si on a été très efficace dans le passé, on a l’impression d’être rejeté et alors, l’amertume nous guette… il ne faut pas y céder.

Personnellement, je suis une passionnée. Je me donne corps et âme à mon mandat et à mon équipe quitte à marcher sur des platebandes qui ne sont pas les miennes ou à me mêler de ce qui ne me regarde pas. C’est plus fort que moi. Il faut que ça marche, il faut livrer et la fin justifie les moyens. Je deviens donc encombrante avec le temps. Ainsi, celle qui sauvait les meubles au début finit par taper sur les nerfs. Mon leadership si utile au départ en vient à m’être reproché. Ils n’ont pas tord! Je le sais. Et alors, je comprends qu’il est temps de partir.

Je vous parle en toute humilité de mon cas mais, il en est d’autres qui malheureusement ne se reconnaissent pas. L’explication la plus courante c’est l’hypothèque à payer. Foutu endettement! C’est fou les répercussions que ça peut avoir sur soi mais aussi les autres. Il est vrai que changer d’emploi est un grand stress. Et si ça ne marchait pas dans la nouvelle job?!!!

Ça prend un certain courage – ou de l’inconscience – pour partir mais ça n’empêche pas que le fait de rester envers et contre tout n’apporte pas qu’un statut quo non plus. On a plus le cœur à l’ouvrage, notre cadence baisse, on est moins heureux, notre parton finit par nous le faire remarquer… de plus en plus souvent et ça se reflète dans notre évaluation annuelle. On devient un vecteur négatif dans l’équipe et on refuse souvent d’en voir l’impact sur nos collègues. C’est ici que les gens se séparent en trois groupes : les frustrés, les entêtés et les pilotes automatiques.

Les frustrés se plaignent que la Terre entière est contre eux et qu’ils ne sont pas appréciés à leur juste mesure. Les entêtés se convainc quotidiennement que ça va finir par s’arranger et que, de toute façon, ils ne partiront en premier, fierté oblige. Tandis que les pilotes automatiques font leur 9 à 5 sans se poser de question, sans faire de vague. Les premiers deviennent des bombes à retardement, les seconds s’accrochent envers et contre tout et les troisièmes se transforment tranquillement en bois mort. Quoi qu’il en soit, aucun d’eux n’accepte le fait qu’il évolue dans une communauté à laquelle il est devenu nuisible. En restant, il sert seulement ses intérêts.

Ha! Haaaa! Vous n’êtes pas d’accord! On ne peut pas mettre tout le monde dans le même moule. Certains d’entre-nous n’ont pas le choix. Et puis, il y a la récession! L’aurais-je oublié? Respirons un grand coup. Je commence par les petits pois (que je déteste) pour terminer par les pâtes (que je préfère). Mais non, je ne vise pas toute la population active par ces paroles dures. Je sais que des tas de gens sont plus ou moins pris à la gorge et pas toujours à cause d’une hypothèque. Je nuance en disant qu’il est plutôt question de ceux qui ont le choix mais qui se dérobent parce que c’est plus facile. Vous reconnaissez-vous? Allons! Pas de gêne! Je sais qu’il est difficile d’admettre que notre heure est venue. Je tergiverse moi aussi. J’étire la sauce mais ultimement, c’est pour m’aider à faire mon deuil. Et il se trouve toujours un élément déclencheur qui m’aide à faire le grand saut. Pour le mieux en passant!